Inde du sud ⎟ À la découverte du Kerala

L’Inde fait clairement partie de mes destinations “coup de foudre”. Il suffit que je replonge dans mes souvenirs de voyage pour avoir les mains moites et quelques palpitations cardiaques (le genre de symptômes dont je me passerais volontiers en ces temps de confinement). Et comme on est actuellement tous dans la même galère, c’est-à-dire coincés à la maison à faire semblant de télétravailler, je me suis dit qu’il serait sans doute opportun de vous télétransporter à 10.000 km de vos gamins (qui commencent sérieusement à vous courir sur le haricot) pour vous vider la tête. Mesdames et messieurs, veuillez attacher votre ceinture, la première étape de notre circuit débute dans le sud-ouest de la péninsule indienne, dans un petit état verdoyant surnommé “Le pays de Dieu” (ici, les surnoms, ça rigole pas). N’oubliez pas de bien vous hydrater durant la visite car vous allez sans doute crever de chaud et j’ai autre chose à faire que de vous réanimer. Alors on ouvre bien grand les yeux et on se laisse emporter!

Namaste et bienvenue au Kerala!

L’Inde est un pays de contrastes et d’extrêmes. Ne lui cherchez aucune ressemblance avec un autre pays d’Asie, vous n’en trouverez pas! Son unicité et la richesse de son histoire en font une destination ultra dépaysante qui déchaine les passions. Longtemps fantasmée, je rêvais d’y mettre les pieds depuis plusieurs années. Alors quand on s’est concertés avec Johan pour savoir quelle serait notre prochaine destination de voyage, nous n’avons pas tergiversé durant des heures: ce serait l’Inde, un point c’est tout ! Nous sommes donc partis en avril, c’est-à-dire en basse saison. À cette époque de l’année, ce n’est pas encore la mousson mais les températures peuvent grimper très haut sur le thermomètre! Pour la petite histoire, nous avons décidé de partir en dernière minute, ce qui nous a seulement laissé dix jours pour mettre sur pied un itinéraire cohérent. Pour se faciliter la tâche, on s’est réparti le travail: derrière son ordi, Johan glanait des informations sur la toile, tandis que moi, devant Youtube, je visionnais des vlogs et autres émissions sur le sujet. C’est sur base de ces recherches que nous avons décidé de débuter notre circuit par le Kerala (dans le sud-ouest) pour ensuite remonter dans l’Uttar Pradesh (dans le nord) et, enfin, terminer par le Rajasthan (dans le nord-ouest).


Quelques informations sur la première étape de notre circuit

  • RÉGION VISITÉE: le Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde
  • PÉRIODE: début avril 2019, soit en basse saison
  • NOMBRE DE JOURS SUR PLACE: 7 (après coup, on se dit qu’on aurait dû y rester 2 jours de plus)
  • ITINÉRAIRE: Bruxelles – Delhi – Kochi
  • TEMPÉRATURE MOYENNE: 30°C

Nous débutons donc notre voyage par la découverte du Kerala. Dans cette partie du pays, la vie est calme et paisible, le climat plutôt chaud et humide et la végétation luxuriante à souhait. Précisons quand même qu’étymologiquement parlant, “Kerala” signifie “terre des cocotiers”. Directement, le ton est donné, n’est-ce pas? Si je devais résumer en quelques mots-clés le Kerala, je dirais “plantations de thé”, “médecine ayurvédique” et “backwaters”. Je pourrais également ajouter “gentillesse des habitants” mais, pour moi, cela n’est pas spécifique qu’à cet état mais au pays tout entier! ♡

Étape n°1: la ville portuaire de Kochi

Notre découverte du Kerala commence à Kochi, une grande ville portuaire située le long de la côte Malabar. Autant vous le dire de suite: même si ce premier point de chute est sympa, ce n’est pas le plus époustouflant de notre circuit. Quoi qu’il en soit, cette première étape a l’art de nous mettre dans l’ambiance : il y fait très chaud et humide et la nourriture est divine. Mis à part quelques coups de klaxons par ci par là, la ville est relativement calme comparée à ce que nous avions pu lire sur certains forums lorsque c’est la haute saison!

Un véritable melting pot culturel

En nous promenant du côté de Fort Cochin, un quartier à l’embouchure des backwaters, on perçoit les différentes influences européennes qui façonnent la ville. Cette diversité, Kochi la doit au commerce des épices, plus particulièrement du poivre. Au XVème siècle, la ville était une escale marchande importante pour les Portugais, les Hollandais et les Anglais qui n’hésitèrent pas à s’y implanter. “Vasco de Gama”, ce nom tout droit sorti de votre manuel d’histoire vous rappelle vaguement quelque chose ? Et bien pour info, sachez que le célèbre explorateur portugais a migré ici et y a même fini ses jours ! 

Non loin du Qissa Cafe où nous avons englouti de délicieux chapatis, nous entendons des rires et quelques sifflements. Tentant de nous faire discrets derrière les barrières du terrain, nous assistons à un match de football où petits et grands s’affrontent dans la bonne humeur. Sur le terrain voisin, des jeunes jouent au cricket, le sport le plus populaire du pays, directement importé d’Angleterre et divinement joué par les Indiens.

Les pêcheurs de Kochi

Absolument toutes les techniques sont bonnes pour ramener du poisson! Le long du rivage, on est intrigués par de drôles de structures géantes qui plongent directement dans la mer. Ce sont les fameux carrelets chinois et il n’y a qu’ici que vous verrez cela! Essentiellement utilisés à marée haute, ces immenses filets de pêche suspendus sont une véritable attraction. Même si elle semble relativement archaïque, cette technique est plutôt efficace à en croire les locaux. Non loin de là, certains ont préféré dégainer leur bonne vieille canne à pêche quand d’autres s’acharnent à lancer manuellement leurs filets de pêche. Il y en a donc pour tous les goûts! Aussitôt pêchés, les poissons et autres crustacés atterrissent directement dans des bassines en plastique, direction la criée aux poissons! Impossible de la louper tant ça parle dans tous les sens! Avec leur cagot de grosses crevettes sous le bras, les vendeurs interpellent les passants, négocient avec leurs voisins de stand, brandissent des prix très attractifs sur leur petit calepin et proposent aux clients potentiels de leur cuisiner le poisson frais de leur choix dans la minute! Ambiance garantie!

“Can I take a photo with you, please?”

En fin de journée, c’est l’effervescence sur la plage, non seulement parce que le coucher de soleil est très joli à voir, mais surtout parce que la petite brise maritime vient rafraichir nos fronts suintants et nos aisselles collantes. Assis sur le sable, on observe l’agitation autour de nous (et on adore ça!): de nombreuses familles se sont données rendez-vous pour pique-niquer, de jeunes enfants courent sur la plage en essayant de ne pas se faire rattraper par les vagues, des amoureux fixent le coucher de soleil main dans la main, des vendeurs à la sauvette font des démonstrations d’objets volants non identifiables, de jolis bateaux traditionnels en osier voguent le long du rivage, … et puis, bien sûr, des groupes entiers viennent m’aborder pour me prendre en photo! Et ne pensez pas que ce sont uniquement des groupes de jeunes! Non, non … Même les seniors s’y mettent! Fort heureusement pour eux, je me prête volontiers à l’exercice où l’on va jusqu’à me demander de m’incruster sur une photo de famille en portant un nouveau-né dans les bras! Ce genre de situations complètement surréalistes, il n’y a qu’en Inde qu’on peut les vivre (et en Belgique, mais ça, c’est une autre histoire)! Le seul bémol à ce tableau presque parfait sont les vilains déchets rapportés par la marée ainsi que le port et ses gros paquebots que l’on aperçoit au loin.

Sus aux moustiques!

Nos paupières s’alourdissent, on se met à bailler de plus en plus. On dirait que le décalage horaire nous a rattrapés! Fatigués mais excités d’être enfin au pays des Maharadjas, on se dirige tout droit vers notre incroyable hôtel, le Forte Kochi, pour une bonne nuit de repos. Cette grande maison est un véritable bijou d’architecture coloniale qui ne demande qu’à être admirée. Comme j’ai horreur des moustiques, c’est avec un plaisir non dissimulé que je ressors ma moustiquaire de voyage, la seule et unique qui me protège des bébêtes en tout genre. Je me lance alors à la recherche de clous sur les murs de la chambre, allant jusqu’à dépendre les tableaux de peinture et autre décoration pour tendre mon fil. À cet instant précis, Johan est dépité. Profondément dépité. Lui qui déteste dormir là dessous parce qu’il a l’impression d’étouffer n’hésite pas à me traiter de grande malade. Mais je m’en fiche car depuis qu’il voyage avec moi, il est ravi chaque matin de ne pas avoir servi de dessert aux petits vampires du coin! Rien que pour ça, ça vaut le coup de dormir momifié sous un filet!

Étape n°2: les plantations de thé de Munnar

La prochaine escale se veut bien plus verte et montagneuse. Oubliez toutes les images étouffantes et poussiéreuses que vous aviez de l’Inde! Après plusieurs heures de route, nous arrivons enfin à Munnar. Quand on dit que l’Inde est un pays de contraste, je ne peux que confirmer! En effet, si les derniers kilomètres ont été une pure merveille pour les yeux, ils étaient également une pure horreur pour les estomacs délicats! La petite route en lacets qui mène jusqu’à notre hôtel, le Blanket Hotel & Spa, m’a donné le tournis et une furieuse envie de vomir. Heureusement, le petit lassi frais que nous recevons en guise de bienvenue me remet rapidement sur pied. Très vite, on est emmenés sur le toit de l’hôtel pour admirer l’incroyable vue depuis la piscine à débordement. Je suis là, à une centaine de mètres de hauteur, en train de barboter face à la nature luxuriante de Munnar… il y a pire comme accueil, n’est-ce pas?

Notre hôtel niché dans la végétation

Les chevilles ouvrières de l’industrie du thé

Avani, la réceptionniste de l’hôtel, est une jeune femme adorable. Après son service, elle nous propose de l’accompagner jusque chez elle pour découvrir son village natal, à seulement deux kilomètres. Quelle aubaine! C’est donc parti pour une petite balade à travers les plantations de thé. Munnar, c’est réellement la région aux cinquante nuances de vert. Les couleurs sont intenses, les terres vallonnées et la lumière légèrement brumeuse: on dirait presque une publicité pour le paradis! Dans les plantations, on fait la rencontre d’un petit groupe de femmes qui récoltent manuellement les feuilles de thé. Parmi elles, il y a la maman d’Avani. C’est avec un grand sourire et beaucoup de douceur qu’elles nous montrent leur travail, tandis qu’Avani nous explique la différence entre le thé vert et le thé noir. À la base, ces deux sortes de thé proviennent du même arbuste appelé “le Camélia de Chine” mais c’est dans le procédé de fermentation qu’ils vont se distinguer. Voilà ainsi plus de trente ans que ces femmes s’adonnent quotidiennement à la cueillette des feuilles, dans le plus grand des anonymats. Depuis, à chaque fois que je me prépare une tasse de thé vert, j’ai une grosse pensée pour toutes ces générations de femmes, de mères, de soeurs et d’amies sans qui les grandes marques ne seraient rien.

Avani et sa maman

À la rencontre des enfants

Dans le village, les premiers à repérer notre arrivée sont les enfants. Très sociables et désireux de se faire prendre en photo par Johan, ils tourniquent autour de nous, rigolent, demandent à se voir dans l’écran de nos smartphones et se mettent à rire comme des empafés lorsqu’ils se découvrent avec le filtre “petit chat” (Merci Instagram de faire de moi la fille la plus cool aux yeux des gamins du monde entier). L’une des petites filles a de drôles de sourcils grossièrement crayonnés. Je suis intriguée par ce maquillage qui lui donne un air étonné. Un peu plus tard, en croisant d’autres enfants, je comprendrai que c’est en réalité une tradition. Idem pour les gros points noirs que je vois sur le front des bébés. Les Indiens pensent que parce que les bébés sont mignons, ils pourraient attirer les convoitises et les mauvais sorts de gens jaloux, envieux ou mal intentionnés. Ils leur dessinent alors ces gros points noirs avec du kajal, une pâte noire fabriquée de manière artisanale, pour les enlaidir symboliquement et ainsi éloigner le mauvais œil! Ah, superstition quand tu nous tiens…

Une population très attachante

On poursuit notre visite du village – qui se résume à quelques allées avec de part et d’autre des petites maisons aux toits en tôle ondulée – en poussant la porte d’un café. Ici, pas de jukebox clignotant ni d’étagères remplies de bouteilles d’alcool. Derrière son comptoir très rudimentaire, le patron nous fait un petit signe de la main. Face à lui, des verres à thé et une cruche de lait, c’est tout. Les clients du jour ont la soixantaine et se montrent plus rusés les uns que les autres dernière leur jeu de cartes. Les murs défraichis sont nus et le mobilier vétuste. Alors que nous n’avions rien commandé, le patron s’approche de nous avec deux verres de Masala chaï, le thé traditionnel indien à base d’épices et de lait. Hé oui, ils sont comme ça les Indiens, accueillants et aimables à souhait! Cette boisson est douce, chaude, sucrée et délicatement parfumée… un vrai régal! On ne manquera d’ailleurs pas d’en rapporter dans notre sac à dos et, à chaque fois qu’on hume le sachet à la maison, on est directement replongés dans ce merveilleux voyage. Une vraie madeleine de Proust!

La médecine ayurvédique

Il est l’heure pour nous de regagner l’hôtel où une consultation avec un médecin ayurvédique m’attend. Je suis super excitée de découvrir cette approche qui prend en compte notre nature profonde avec aussi bien les maux du corps que de l’esprit. Je fais la connaissance du médecin qui parle parfaitement anglais. Il m’ausculte alors de manière complètement différente qu’en Belgique. Il commence par prendre mon pouls, puis regarde ma langue ainsi que le blanc de mes yeux, et finit par me questionner sur mon hygiène de vie et les éventuelles douleurs physiques que j’ai pu développer ces dernières années. Durant cet entretien, je ne cesse de me demander si je dois lui avouer mon addiction pour les chips au ketchup ou faire la belle qui mange cinq fruits et légumes par jour. Deux pressions sur mon front plus tard, le verdict est sans appel: je suis vâta. Pour faire simple, sachez que toutes ces questions indiscrètes avaient en fait pour but de déterminer mon dosha dominant parmi les trois existants: vâta, pitta et kâpha. En clair, pour être en bonne santé, il faut que les trois doshas soient en équilibre, et c’est pas easy easy à faire! Avec mon profil vâta, le médecin me donne une flopée de conseils à appliquer au quotidien pour me sentir bien tels que privilégier de la nourriture et des boissons chaudes, éviter les boissons gazeuses durant les repas, manger des petites portions plusieurs fois par jour, prendre des douches bien chaudes, marcher à pieds nus sur la pelouse, ne pas aller dormir trop tard, éviter de trop parler, privilégier les légumes cuits et bien huiler mes repas. Il m’explique également comment me racler la langue chaque matin (je suis complètement accro depuis) et insiste sur l’importance de bien m’alimenter, moi qui ai souvent tendance à sauter le déjeuner. Après cet entretien, il me prescrit un soin qui soulage les états de stress, régule la température corporelle et éloigne les pensées négatives. Il s’agit d’un des massages-clés de la médecine ayurvédique, j’ai nommé le Shiro Dhara. Considéré comme le soin royal, c’est une méthode ancestrale qui consiste à faire couler sur le front, lentement et d’une façon continue, de l’huile chaude. Sauf qu’ici, il demande expressément à ce que ce soit du lait de vache tiède, avant de prendre la poudre d’escampette! Les masseuses ne parlant pas un mot d’anglais, je n’ai finalement jamais su pour quelles raisons j’avais eu ce traitement différencié. Quoi qu’il en soit, ce soin était totalement surprenant! Il m’a fallu 15 bonnes minutes avant de me détendre pour profiter pleinement des bienfaits du traitement. Sans doute était-ce à cause du bandeau que j’avais sur les yeux et qui m’empêchait de comprendre ce qui m’arrivait. Bah oui, c’est pas tous les jours qu’on reçoit des litres de lait sur son troisième oeil! Ajoutez à cela les gros morceaux de coton qu’on m’avait fourrés dans les oreilles pour éviter d’inonder mes tympans et me voilà amputée de deux de mes cinq sens! Johan a demandé pour assister aux 10 premières minutes du soin afin de prendre quelques photos et, malgré les bouts de coton que j’avais dans l’oreille, je l’entendais pouffer de rire. La situation était drôle, j’avoue! Mais je vous laisse quand même en juger par vous-même avec cette splendide photo où je perds toute dignité.

Un lever de soleil mystique

À l’aube, on part direction les montagnes de Top Station pour assister au lever de soleil sur les sommets. Arrivés au point de vue, on fait la connaissance de trois jeunes indiens qui ont campé ici toute la nuit, “just for fun” nous disent-ils. Ensemble, on shoote la jolie lumière qui pointe le bout de son nez à l’horizon et on surprend même notre chauffeur en train d’envoyer un selfie à son épouse en guise de “bonne journée, ma chérie“. So cute! En redescendant dans la vallée, le spectacle est encore plus beau: les plantations de thé en terrasse baignent dans une lumière incroyable, légèrement brumeuse et irréel. Un vrai régal pour les yeux! On se met ensuite en route pour l’hôtel où un cours particulier de yoga m’attend après le petit-déjeuner.

Quand mon cours de yoga se transforme en yoga du rire!

Ce cours de yoga était … comment dire … hilarant? inattendu? folklorique? drôle? et si c’était tout ça à la fois? Ceux qui avaient suivi mes stories sur Instagram se souviennent sans doute du gros fou rire que je peinais à dissimuler durant la séance. Je vous resitue le contexte: perchée sur une grosse pierre (à la demande du prof), elle-même déposée sur un terrain fortement en pente (mais pourquoi?), je suis en train de reproduire les innombrables postures qu’il exécute inlassablement sous mes yeux. Les enchainements sont très rapides et j’éprouve quelques difficultés à rester en équilibre sur ce sol très instable. Malgré la chaleur et une certaine crainte de ne pas sortir indemne de cette séance, je tente de m’appliquer du mieux que je peux. Ce maitre yogi semble y mettre tout son coeur, je n’ai pas envie de le décevoir. Puis vient le moment fatidique où, sans me prévenir, il m’enjoint à l’imiter dans une posture peu glamour. Me voilà littéralement en train de lever et d’abaisser les bras tout en expirant si fort par le nez que de la morve m’en sort. Lui aussi et c’est bien là le but. Mais il n’y a apparemment que moi que cela gêne. Et nous voilà tous les deux en train d’accélérer nos gestes, on éjecte nos crottes de nez à l’unisson et ça c’est beau!

Étape n°3: les backwaters de Kumarakom

La prochaine étape de notre circuit est Kumarakom, un petit village touristique situé sur les berges du lac Vembanad, en plein coeur des rizières et des backwaters. Avant de partir voguer sur les petits canaux à travers le village, on prend le temps de se poser un instant à l’hôtel. Le Kumarakom Lake Resort est l’endroit rêvé pour une lune de miel. Ici, tout est luxe et volupté. Par exemple, depuis notre bungalow, on peut directement accéder à une grande piscine qui s’étend à travers tout le complexe hôtelier. L’eau vient presque toucher la porte-fenêtre de notre logement! Un peu plus loin, on peut se baigner dans une autre piscine, à débordement cette fois-ci, avec une vue panoramique sur la mer. Les jardins sont superbement entretenus, la flore y est très variée et ils ont même pris soin d’indiquer le nom de chaque arbre, de chaque plante et de chaque fleur sur des petits cartons plantés dans le sol. On en profite donc pour se baigner et lire au soleil. Mode “doigts de pieds en éventail” activé! En milieu d’après-midi, on embarque à bord d’une pirogue pour découvrir les backwaters. La balade à travers les canaux est divine: les oiseaux tropicaux chantent à tue-tête (c’est un véritable paradis pour les ornithologues!), la végétation est dingue, le bruit de la pagaie qui s’enfonce dans l’eau est addictif … si l’eau n’était pas aussi brune et cra-cra, ça donnerait presque envie de piquer une tête!

A la découverte des backwaters

Le lendemain, on démarre la journée par une petite croisière sur le lac Vembanad, le plus long du pays mais aussi le plus large de l’État du Kerala. Nous voguons à travers un incroyable labyrinthe d’eau et de verdure. Depuis notre bateau, on observe le quotidien déjà bien animé des locaux. Malgré sa couleur brunâtre, le lac sert autant de bain, que d’évier de cuisine ou encore de machine à laver! Des enfants avec la frimousse pleine de savon rigolent en nous faisant de grands signes de la main. Ils s’éclaboussent, plongent et replongent dans les profondeurs obscures du lac. C’est beau à voir, toute cette bonne humeur! De tous nos voyages, il semblerait que ce soit en Inde que nous “dérangions” le moins. Je me suis régulièrement fait la réflexion tout au long de ce séjour. À aucun moment on ne semble les importuner. Peu importe la scène qui se déroule sous nos yeux, il y aura toujours un(e) Indien(ne) pour nous sourire et nous faire signe chaleureusement. Voilà une attitude qui me plait beaucoup parce qu’elle témoigne d’une belle ouverture à l’Autre dans un monde qui a plutôt tendance à se replier sur lui-même.

Un massage plus que parfait!

Quoi? Comment? Notre découverte du Kerala se termine déjà? Hop, j’enfile un peignoir et fonce vers le Spa du Kumarakom Lake Resort où je m’apprête à recevoir le meilleur massage à l’huile de toute ma vie, foi de meuf qui adore se faire pétrir! Le massage que l’on me conseille se pratique à quatre mains et répond au doux nom d’abhyanga. Tantôt relaxant (mmmh!), tantôt énergisant (aïe!), il rééquilibre les fonctions vitales du corps et détoxifie les tissus. Si, comme moi, vous aimez être tout gras au point de glisser telle une carpe entre les doigts des masseuses, je vous le recommande mille fois! Un bon conseil: laissez votre pudeur au vestiaire car ici, vous serez nu comme un ver sur la table de massage! Le petit conseil non négligeable? L’huile tiède de sésame rend la peau tellement douce et satinée que je vous interdis formellement d’aller nager dans une piscine chlorée directement après, vous perdriez tous les bienfaits de votre soin! À bon entendeur!

Où dormir au Kerala?


À Fort Kochi: au Forte Kochi Hotel pour sa localisation parfaite et son splendide style colonial.

À Munnar: au Blanket Hotel & Spa pour sa vue vertigineuse sur les plantations de thé.

À Kumarakom: au Kumarakom Lake Resort pour son luxe et ses massages ayurvédiques absolument divins.

L’étape suivante fut la ville sainte de Varanasi, dans l’Inde du nord. Cliquez ici pour découvrir mes aventures dans cette incroyable ville sacrée au bord du Gange. À tout de suite!

2 Commentaires

2 Commentaires

  • Celine

    Un vrai régal ce petit voyage confiné, merci! Le ton est parfait.
    Vous ne publieriez pas un genre de carnet de voyage en combinant textes et photos?

  • guy jomaux

    Bonjour Delphine
    Bravo pour ton récit enchanteur de votre voyage au Kerala. Comme tu sais je suis un fan inconditionnel de l’Inde …..j’ai séjourné à 2 reprises dans le Kerala ; la première fois avec un groupe et dans des conditions assez luxueuses et la deuxième fois il y a un mois dans une guest-house à vocation à la fois ayurvédique mais aussi spirituelle …ce qui à mes yeux est vraiment l’authenticité de l’Inde.
    Il est vrai que le Kerala est une partie privilégiée de l’Inde car l’eau est abondante et des lors la nature y est luxuriante..il faut savoir aussi que le développement du Kerala a été particulièrement positif grâce à l’action d’un grand maître spirituel (Narayana) et qui est toujours très vénéré actuellement et il y a aussi la présence d’ Amma.
    Je préfère pourtant le Tamil Nadu que je connais mieux car je m’y rends chaque année depuis 2008 ….la spiritualité y est davantage présente et j’y ai maintenant plusieurs ami(e)s Indien(ne)s ce qui permet de mieix apprécier le pays er son authenticité.
    Quoiqu’il en soit je re félicite pour ton reportage qui donne envie de découvrir ce merveilleux pays si contrasté mais cpmme ti l’exprimes qui ne laisse personne indifférent.

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