À la découverte de 4 îles grecques Destination n°1 : la Crète

Une attente interminable

Cela faisait 16 mois que ma valise à roulettes n’avait plus été malmenée dans le hall d’un aéroport. 16 longs mois sans enregistrement de bagages ni queues interminables aux contrôles de sécurité. Et bien, au risque de vous surprendre, tout ça m’avait cruellement manqué! Alors quand l’Office du Tourisme de Grèce et la compagnie aérienne Aegean Airlines m’ont contactée pour me faire part de leur souhait de me parachuter sur 4 îles grecques absolument paradisiaques, je n’ai pas hésité longuement avant d’accepter cette jolie collaboration!

Un geste solidaire envers le peuple grec

Je vous plante le décor : au total, nous étions 6 créateurs de contenu numérique à avoir été sélectionnés pour documenter notre séjour au pays de Zeus, plus précisément sur 4 de ses îles les plus mythiques: la Crète, Santorin, Rhodes et Corfou. Comme vous pouvez le constater sur la carte ci-dessous, elles ne sont pas, géographiquement parlant, proches les unes des autres, et je vous déconseille de suivre à la lettre cet itinéraire (sauf si vous avez deux mois de congé devant vous). Le but de ce voyage – qui s’apparente à un voyage de presse – était de vous présenter quelques-uns des plus beaux spots du pays à travers mon compte Instagram. Durant cette campagne Instagram, j’ai donc documenté quelques aspects (et non des moindres) de ce que l’on peut appeler “la greek vibe”, à savoir sa nature, sa cuisine, ses habitants, son architecture et, enfin, sa culture, dans l’unique but de vous donner l’eau à la bouche. On ne va pas se mentir : la crise sanitaire que nous avons traversée a été fatale à la Grèce. L’affluence touristique est clairement en baisse, et même si elle réjouit certains vacanciers (c’est un fameux luxe de pouvoir visiter l’archipel des Cyclades sans la cohue habituelle), elle a eu un coût terrible pour les professionnels du secteur. Ici, le tourisme reste une ressource économique majeure, correspondant à environ un quart du PIB national, et jusqu’à 90% de celui de certaines îles (oui, vous avez bien lu). Je ne pouvais donc pas rester insensible à cet appel à l’aide lancé par l’Office du Tourisme, raison pour laquelle j’ai accepté ce contrat, comme un geste politique et solidaire envers le peuple grec.

Finalement, vous démontrer en quoi la Grèce est une destination attractive pour cet été (et ceux qui suivront) est une mission relativement simple pour la blogueuse voyage que je suis. Rappelez-vous, je vous ai suffisamment bassiné les oreilles avec ça sur mon compte Instagram : la Grèce est l’un de mes pays préférés. Je vais donc vous présenter mes coups de coeur et vous raconter cette folle semaine en toute transparence.

Cap sur la Crète!

On démarre directement ce voyage par la Crète, la plus grande des îles grecques, et à la forme étirée bien reconnaissable. Avec son beau relief montagneux et ses délicieuses odeurs d’origan sauvage et de jasmin (si vous souffrez d’une perte d’odorat persistante suite à la Covid-19, laissez-moi vous dire que vous passerez à côté de pas mal de choses. Au pire, il vous restera vos yeux pour apprécier la beauté des lieux), je vous avoue avoir un p’tit faible pour cette île, elle est particulière à mes yeux. Sans doute parce que c’est la terre natale de Mamaka, la maman de mon chéri.

La Canée et son joli port vénitien

Chania et son joli port vénitien
crédit : Γιάννης Χουβαρδάς, sous licence Creative Commons

Après avoir atterri à La Canée (ou Chania pour les locaux), on a mis le cap sur la vieille ville et son joli petit port vénitien. Longtemps considérée comme la capitale de la Crète, cette région possède une architecture aux inspirations très éclectiques : ici, c’est en toute harmonie que les monuments grecs côtoient les monuments ottomans, vénitiens et même juifs. Mais ne vous y méprenez pas : malgré son apparence vétuste, ça bouge pas mal dans cette région qui regorge de chouettes adresses branchées, tant au niveau des boutiques de créateurs que des restaurants. Je vous conseille vivement de vous balader sur les quais le long du port en fin de journée, l’ambiance y est très agréable, voire même un brin romantique. Le coucher de soleil accentue la couleur jaune orangée des façades, des notes de lyre crétoise s’échappent des fenêtres restées grandes ouvertes, la chaleur emmagasinée dans les pavés retombe progressivement : il ne vous reste plus qu’à vous installer en terrasse pour profiter de ce délicieux moment (et commandez un café frappé car la nuit risque d’être longue).

L’Islam a laissé de beaux monuments qui font le charme de La Canée, comme cette ancienne mosquée turque près du port vénitien.

La Manousakis Winery

En véritables épicuriens que nous sommes, et surtout sur les conseils avisés de Panos, notre fixeur grec, nous sommes partis visiter le domaine viticole de la famille Manousakis. Situé dans les terres crétoises, à une quinzaine de kilomètres de La Canée, ce charmant vignoble est tenu par Alexandra et son époux. Il y a quelques années, cette jeune américaine d’origine grecque a repris les rennes du domaine familial, et on aurait fait pareil quand on voit ô combien le cadre est idyllique!

À l’écart des sentiers battus et à l’ombre d’un majestueux bougainvillier, nous avons dégusté d’excellents vins ainsi qu’une cuisine crétoise absolument divine! Comme vous l’avez peut-être déjà expérimenté, déguster un vin, c’est une chose, pouvoir en parler, c’est parfois une autre histoire… N’étant pas une grande connaisseuse dans le domaine, j’aurais envie de vous conseiller de tous les goûter afin de vous faire votre propre avis (les goûts et les couleurs, vous savez…), mais vous risquez d’avoir un fameux coup de barre au retour. Faites donc tout simplement confiance au sommelier et ressentez les différentes palettes aromatiques sans filtre ni retenue car le snobisme n’a assurément pas sa place dans ce vignoble (et sur l’île en général). Si le coeur vous en dit, demandez pour goûter ce que les amateurs de vins appellent “le Chardonnay de la Crète”, c’est-à-dire un petit blanc sec issu d’un très très ancien cépage (quasi oublié) uniquement cultivé sur l’île, le Vidiano. Et n’hésitez pas à faire un tour dans la boutique pour acheter de la bonne huile d’olive ainsi que du gros sel (fumé ou non), tout deux cultivés par les Manousakis.

Le groupe au grand complet, sur la terrasse du vignoble
Rang du haut, de gauche à droite : @wonguy974, @offthepath, Afshin Molavi (l’époux d’Alexandra, la maitresse des lieux), @mpapa_dop, @brubol
Rang du bas, de gauche à droite : @alexandramanousakis, moi, @lebackpacker, @jamesrelfdyer, @postcardsbyhannah

LA PLAGE DE BALOS

Impossible de traverser la Crète sans s’émerveiller sur la beauté de ses plages paradisiaques. Parmi les plus belles d’Europe, les plages de la côte ouest sont très prisées. La Crète compte jusqu’à 305 jours d’ensoleillement par an, c’est dire si elle mérite son titre d’île la plus ensoleillée de la mer Méditerranée. Une des plages que j’ai particulièrement appréciées est Balos, au nord-ouest de l’île. Ce sublime lagon a tout pour plaire: une eau cristalline protégée des vagues, du sable blanc, une nature environnante sauvage et, cerise sur le gâteau, pas l’ombre d’un complexe hôtelier pour gâcher la vue. C’est en ferry que nous l’avons rejoint. Je vais être totalement franche avec vous : le bateau est pourri, blindé de touristes en short fluo et avec des effluves entêtantes de mazout. Hé oui, il vous faudra un brin souffrir pour accéder au jardin d’Eden! Une fois sur place, je vous rassure : c’est chacun dans son coin car la plage est suffisamment grande pour ne pas que la serviette des voisins touche la vôtre! Ouf, sauvés!

À la rencontre des villageois

Un matin, on a loué une voiture pour rouler sur les petites routes de montagne situées dans l’arrière-pays avec comme objectif d’aller à la rencontre des villageois (comprenez par là “les vieux crétois traditionnels”). Sur notre chemin, on s’est arrêtés dans plusieurs petits villages dans l’espoir de croiser les habitants. Malheureusement, la plupart étaient fantomatiques suite à l’exode des jeunes générations vers les grandes villes.

Un café désespérément vide

On décide alors de se poser sur la terrasse du seul et unique café un peu animé que nous avons croisé sur notre route. A côté de nous, trois vieux papys engoncés dans leur chaise en plastique, la canne en bois entre les jambes, nous scrutent. Eux qui cherchaient désespérément un peu d’animation à se mettre sous la dent, on dirait que c’est leur jour de chance! A peine installés, on nous apporte 4 petits verres remplis d’un liquide transparent non identifié, et il n’est même pas encore 11h! Hé oui, en Crète, peu importe l’heure, la raki est servie en guise de bienvenue! Alors non, il ne s’agit pas d’une petite liqueur aromatisée aux fruits qui passerait plutôt bien sur mon palais exigeant. Pour la petite buveuse que je suis, ça sent tout simplement l’essence et ça vous débouche la tuyauterie en moins de deux! Je regarde ébahie notre fixeur qui ne perd pas une minute et s’envoie dans le fin fond du gosier son verre et le mien en prime. Yamas!

Sur le chemin du retour, on a croisé un berger et son fils en train de s’atteler à la traite des chèvres. Ni une ni deux, Johan a sorti son appareil photo pour documenter ces instants si typiques de la Grèce traditionnelle, et pourtant trop rarement mis en avant.

Goutez à la cuisine traditionnelle, mais pas que!

À La Canée, si vous voulez vous régaler à l’heure du brunch ou à la tombée de la nuit, je vous conseille vivement de réserver une table au Salis, le restaurant crétois dont tout le monde parle. Dans les assiettes, on y retrouve les ingrédients de base de la cuisine crétoise traditionnelle, mais dans une version revisitée, voire même très raffinée! La carte des vins est particulièrement bien fournie: normal, le patron des lieux n’est autre que le sommelier Afshin Molavi, l’époux d’Alexandra Manousakis dont je viens de vous présenter le vignoble. Ceci explique cela. On y va donc les yeux fermés, assurés de passer un moment exquis.

J’espère que ce premier épisode de notre séjour en Grèce vous aura donné envie de venir voir par vous-mêmes les nombreuses richesses crétoises. On se retrouve très vite avec un article sur notre seconde destination, celle que l’on surnomme le joyau des Cyclades, j’ai nommé Santorin!

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