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A la conquête de l’Ouest canadien

Sous le ciel canadien, j’ai vécu un été que je ne suis pas prête d’oublier. Mon sac sur le dos et des étoiles plein les yeux, je suis partie rejoindre Johan dans l’Ouest, plus exactement à Vancouver, pour démarrer un road trip de deux mois à travers tout le pays. Moi qui rêvais de vivre d’amour et d’aventure, j’ai plutôt été gâtée. Cette expédition fut pour moi une véritable révélation, raison pour laquelle elle figure fièrement dans le top 3 de celles qui m’ont transmis le virus du voyage. 

Quand j’ai commencé à préparer ce road trip, j’ai surfé inlassablement sur Instagram, passant au peigne fin les nombreux comptes dédiés aux voyages et je me suis mise à rêver des heures entières devant les incroyables photos des provinces d’Alberta et de la Colombie-Britannique. J’allais en prendre plein la vue, c’était plus que certain! C’est donc la mine réjouie et le coeur au bord de l’explosion que j’ai embarqué à bord d’un avion de la compagnie Air Transat pour rejoindre mon amoureux de l’autre côté de l’Atlantique, en bordure du Pacifique. « Les Rocheuses canadiennes », voilà donc où j’allais trainer mes nouvelles chaussures de rando. Ce nom a résonné dans ma tête durant plusieurs jours, tel un mantra.

Histoire de pouvoir en mettre plein la vue à Johan, j’avais sur-étudié mon sujet :

« Devine sur combien de kilomètres s’étendent les Rocheuses? (…) Comment ça tu connais la réponse? »

J’avoue, j’ai dû me déclarer vaincue face à sa maitrise du sujet. Toujours est-il que moi, je voulais lui lâcher l’air de rien que cette imposante chaine de montagnes s’étendait sur près de 5000 kilomètres dans l’Ouest de l’Amérique du Nord et que, sur le territoire canadien, elle était longue de 1200 kilomètres! Je voulais aussi lui balancer qu’elle était traversée sur près de 300 kilomètres par la Transcanadienne, l’une des plus belles routes du monde, mais ça, comme pour le reste, il le savait déjà. Un jour, j’aurai ma revanche: je lui parlerai de « microblading » ou encore de « socioconstructivisme » (voire même de « zone proximale de développement ») et il me regardera avec des yeux hagards, je mets ma main à couper!

Les trajets, aussi longs soient-ils, sont passés à une vitesse folle tant le spectacle était grandiose. Derrière les vitres du SUV, j’ai vu défiler des paysages sauvages, ciselés, colorés, voire presque photoshopés, fidèles à ceux du chef d’oeuvre Le secret de Brokeback Mountain. C’était à tomber! Si ton sens de l’orientation est désastreux, ce n’est pas grave! Conduire là-bas est archi-simple, il suffit de suivre les panneaux le long de la route. Inutile donc de s’encombrer d’un GPS.

En plein milieu des montagnes, il est très difficile de capter des stations radio: ça grésille, ça capte par intermittence et, du coup, ça énerve! Et comme il était hors de question pour nous de prendre la route sous haute tension, on avait prévu le coup en téléchargeant une multitude de playlists sur nos smartphones, lesquelles étaient diffusées dans l’habitacle via Bluetooth. Faire un road trip sans musique, ce serait un peu comme manger des pancakes sans sirop d’érable, c’est-à-dire fade et ennuyeux!

Nous avons traversé pas moins de 4 parcs nationaux, tous aussi sauvages les uns que les autres. J’ai beau avoir vu des photos incroyables des Rocheuses, je ne m’étais pas préparée à ce que ce soit aussi « Wouah! ». Vraiment, il faut le voir pour le croire! L’attitude positive des touristes face à la préservation des lieux m’a agréablement surprise. Pas un déchet sur les sentiers de randonnée ni même un mégot sur les parkings et ça, ça fait plaisir à voir. Ici, la nature est souveraine et l’Homme la respecte.

Chaque tournant nous réservait son lot de surprises. Souvent, on pouvait apercevoir des wapitis en balade, des biches en plein repas ou encore des troupeaux de mouflons plantés dans le décor et peu dérangés par notre présence. Face à la beauté des lieux, on s’arrêtait illico sur le bas-côté de la route pour shooter à tout va et imprimer dans nos mémoires ces moments d’une intensité incroyable. Pour la petite anecdote, depuis que j’ai lu que notre cerveau enregistrait mieux les informations visuelles lorsque l’on clignait des yeux, je m’en suis donnée à coeur joie durant 2 mois, au risque de faire flipper Johan. Quand la route avait un potentiel photogénique, Johan descendait alors de la voiture et me passait le volant pour pouvoir photographier notre petit bolide roulant au loin. Posté en plein milieu de la route, il gesticulait dans tous les sens avec son appareil, m’indiquant énergiquement les directions à prendre. Le shooting pouvait durer 30 minutes si la lumière n’était pas à son goût mais qu’est-ce que c’était gai! Je me souviens de ce savoureux moment où je fonçais à vive allure sur les routes désertes, le titre Mountain at my gates de Foals à fond les ballons et un big big smile imprimé sur la tronche.

Au Canada, la randonnée est un véritable sport national et il serait vraiment dommage de passer à côté. L’une de mes plus belles randos fut celle menée dans la région de Kananaskis, à l’Ouest de Calgary. Sous un soleil de plomb, nous avons gravi la falaise non sans difficulté. Relativement raide et envahie de moustiques, nous avons dû nous arrêter à plusieurs reprises pour reprendre notre souffle et nous asperger de lotion. Puis, tout en haut, nous avons découvert l’incroyable panorama et planté rapidement notre tente pour ne rien rater du coucher du soleil. Littéralement en feu, le ciel déployait un superbe camaïeux de rose qui nous a laissé sans voix. Après une courte nuit, nous avons également assisté à une spectacle enchanteur au petit matin. Digne d’une peinture, cette photo témoigne de la magie des lieux où les rayons du soleil déposaient un voile quasi irréel sur les montagnes.

Si tu pars en été, malgré la douceur des températures prévues dans les villes touristiques, pense à glisser dans ton sac des vêtements chauds. À plusieurs reprises, nous avons débuté une randonnée en t-shirt pour la terminer, au sommet, avec une doudoune et des gants. En montagne, la météo est changeante et le vent frais en provenance des glaciers te refroidira en une bourrasque.

Visiter l’Ouest canadien sans admirer, voire même contempler, ses lacs mythiques serait une grave erreur. Le Moraine Lake et l’Emerald Lake sont clairement mes deux préférés. La clarté de l’eau est tout bonnement dingue et offre un effet-miroir parfait qui ravit les amateurs de photo. Nous étions tellement impatients de découvrir le Lac Moraine que nous n’avons pas hésité une seule seconde à sauter dans un canoë et pagayer à contre courant pour rapporter ce magnifique cliché. Mes biceps ont mis deux heures à s’en remettre car, pour la petite histoire, c’était moi qui dirigeais seule le canoë pendant que Johan était occupé à photographier notre petite balade bucolique. Bien que ce soit l’été, la température de l’eau ne devait pas dépasser les 5 degrés car elle venait tout droit d’un glacier. J’ai donc du étouffer mes envies de baignade pour me contenter d’une trempette des doigts de pieds. Durant le road trip, j’ai quand même pu enfiler mon bikini au-moins une fois pour barboter dans les eaux chaudes d’une source naturelle. Hot Springs power!

Si le paradis existe, il doit certainement avoir l’apparence de l’île de Spirit Island, sur le lac Maligne. Exclusivement accessible en bateau ou en canoë, cet endroit est sublime tant les couleurs y sont vives et l’eau calme et limpide. Sur cette photo, je déjeune tranquillement sur le ponton, baignée par la plénitude des lieux. Jamais une barre protéinée toute sèche et complètement écrabouillée ne m’aura aussi bien goûté.

Durant ce voyage, j’ai dormi à la belle étoile au sommet des montagnes. Cette épreuve m’excitait autant qu’elle m’effrayait. Se retrouver seuls là-haut, sans wi-fi et avec une tente poids plume de seulement 2 kilos, cela peut te procurer une sensation de liberté comme de malaise. La première nuit, je n’ai pas fermé l’oeil. La tente était encerclée par 4 chèvres des montagnes dont les cornes ne m’inspiraient pas confiance. Ajoute à cela qu’elles frottaient le sol sans arrêt avec leurs sabots et qu’une tempête de vent de feu de Dieu s’annonçait et tu comprendras vite pourquoi j’étais déclassée aux aurores. Les nuits qui suivirent furent heureusement bien plus apaisantes, mon seul cauchemar se résumant alors à devoir cuisiner dans une popote. Comme quoi, les nuits se suivent mais ne se ressemblent pas.

Si, jusqu’à présent, je ne t’ai raconté que la partie idyllique du voyage, c’est pour mieux te préserver mon enfant. Mais puisque tu es là et que je devine ton insatiable envie d’en savoir plus, je vais être tout à fait honnête avec toi. Dans cet incroyable périple, il y a quand même eu une ombre au tableau : les ours. Bon, je t’entends déjà d’ici : « Mais c’est pourtant si mignon! ». Non. Enfin si. Mais on est loin de ce bon vieux Winnie l’ourson si tu vois ce que je veux dire. Le truc en poil jaune qui se balade en t-shirt cropped, un pot de miel dans le sac, ça-n’e-xi-ste-pas! Quand tu lis sur le site de Parcs Canada quels comportements adopter en cas de rencontre impromptue avec un grizzli ou un ours noir, je t’assure que cela te refroidit en un éclair. Et si, en plus, te vient l’idée d’associer les mots-clés « bear », « attack » et « human » dans la barre de recherche de Youtube, t’es foutu(e)! Elle te poursuivra encore longtemps cette image de course-poursuite dans la forêt, crois-moi. Et il se pourrait bien que tu perdes au-minimum 2 litres de sueur dans ton petit sac de couchage, paumé(e) en plein milieu des sommets montagneux. Donc, avant d’enfiler tes chaussures de marche, renseigne-toi correctement sur les règles à suivre en montagne, ça peut te sauver la vie. Tout d’abord, retiens que les ours ont tendance à fuir les grands groupes. Si les rangers déconseillent aux groupes de moins de 4 personnes d’emprunter certains sentiers, n’y vois pas là un obstacle à contourner! De même que tu éviteras de remplir ton sac à dos d’en-cas odorants ou de laisser trainer tes déchets sur les aires de pique-nique.

Je pourrais te parler de ce road trip durant des heures mais tu risques l’overdose. Alors comme de belles images valent mieux qu’un (trop) long discours, je t’invite à surfer sur le compte Instagram de Johan, aka Lebackpacker, pour découvrir d’autres photos de ce séjour 100% wild wild West.

ps : … et si tu veux vraiment que je continue à te raconter mes aventures canadiennes, dis-le moi car j’ai encore plein d’épisodes en tête! 🙂

2 Commentaires

2 Commentaires

  • Jolies lueurs

    Bon, ok, tes photos sont justes SUBLIMES !
    Elles sont toutes tellement saisissantes, sacré aventure 🙂

  • Emeline

    Bonjour, pouvez vous me renseigner sur le nom de la rando sans la région de Kananaski ? merciiiii

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